Les Livres
Soirées mémorables : en compagnie de Doudou Seck et ses amis
Auteur : Doudou Seck, sous la direction de Khaddy mint Cheikhna, traduit de l'arabe par Cheikh Ridha Mohamed El Mokhtar
Date de publication : 2026
Collection : poésie bilingue (français/hassanya)
Broché; 1 vol. (48 p.); illustrations en noir et blanc; 15 x 18 cm
Il est l’homme-pont par excellence. On l'appelle Doudou Seck en pays wolof ou Mohameden ould Ebnu Moghdad en pays maure. Il a deux amours, sa ville de Saint-Louis et la musique maure. Il a deux langues, le français et l’arabe, qu'il sait parfaitement décliner dans sa variante hassaniyya. Wolof né au sud du fleuve Sénégal, il se forme à la poésie chezdes Maures, au nord du fleuve. Fidèle interprète des Français, il parcourt avec eux le Sahara. Mais toujours loyal envers les Maures, il reçoit généreusement poètes et griots, dans sa maison de Saint Louis qui devient ainsi le centre d'une remarquable effervescence culturelle.
Hommage à Doudou Seck, d’Abdelvetah Alamana
Le plus Maure des Maures a vécu, à la fin du 19ème siècle jusqu’aux premières décennies du 20ème à Saint-Louis, Ndar, au Sénégal. Il a vécu parmi nous. Celui-là. Il a appris comme beaucoup de Maures les sciences de la mahadra, l’érudition religieuse, littéraire, colorée, cette érudition de l’esprit Maure. Il était l’un des nôtres. Très jeune, venu de son Saint-Louis natal, son œil préférait déjà, dans sa poésie typiquement maure, les parages d’un puits perdu entre les dunes de ce qui portera bien des années plus tard le nom de la Mauritanie, aux artères lumineuses de Saint-louis, à ses encens envoûtants, à son aristocratie si raffinée…
Cet homme avait un nom : Doudou Seck, alias Mohameden Ould Ebnou Al Moqdad, comme se plaisaient à l’appeler les seigneurs maures. Recruté comme traducteur et interprète pour le compte du gouverneur de l’administration coloniale, influent, parce que magnanime, Ould Ebnou avait une demeure à Saint-Louis : ‘’La demeure.’’ Une demeure ouverte, dans toutes les heures de la journée et de la soirée, à tous, surtout aux Maures qui débarquaient, au gré de moyens de locomotion de l’époque. Autour d’Ould Ebnou se construisait, au fil des années, un cénacle littéraire, un espace public. Des soirées littéraires dignes des nuitées d’Haroun Rachid de la glorieuse époque abbasside. Les émirs, érudits, poètes et autres visiteurs du désert ne le quittèrent jamais les mains vides. Toujours bien comblés. De quoi assurer les viatiques pour une peuplade nomade une année durant. Jusqu’au prochain rendez-vous, à Ndar. Où la demeure, sans portes - puisqu’elles en furent extraites, les portes, un soir, par Doudou, en personne, parce que l’un de ses Maures préférés ait passé sa nuitée dans le patio-attendait le voyageur du désert. Cet homme a été immortalisé par des poètes célèbres. Il avait une dette envers ces visiteurs, que personne parmi eux ne saurait espérer pouvoir payer un jour. Sa générosité légendaire n’avait pas de nom. Sa bonté pas d’épithète. Ainsi, en parlaient, fascinés, ceux qui l’avaient côtoyé.
Un jour, il rendit visite à Mederdra, dans la cadre d’une tournée coloniale. Ce fut très dur, pour les uns et les autres, de ne pas pouvoir, à cause du dénuement, être à la hauteur de la reconnaissance requise. Ils étaient reconnaissants, nos anciens. C’était une valeur cardinale, chez eux. Nos anciens savaient aussi lire l’Histoire. L’appréhender à sa juste valeur. Ils connaissaient à merveille l’Histoire des grands qui ont dirigé l’Humanité. L’Histoire des pouvoirs, celle des prophètes Paix et Salut sur Eux, des Sultans, des Princes et des Rois… Une grande personnalité du petit village de l’époque, un poste colonial, ne sachant comment manifester sa gratitude envers le bienfaiteur de tous les Maures, s’empara d’un tas de bâtons, se dirigea vers Doudou Seck, les jeta, l’un après l’autre, dans sa direction, en évitant soigneusement, bienveillamment, chaleureusement, de l’atteindre. Il disait : ‘On ne peut rien pour toi, on ne peut rien pour toi…notre dette envers toi est inestimable, on ne saurait s’en acquitter.’’ Doudou sourit de la subtilité et fit l’accolade à son mauvais agresseur. L’anecdote, qui s’inscrivit par la suite dans l’oralité maure, se racontait et se raconte toujours, dans le registre de la reconnaissance, de l’élégance et la noblesse … C’est une histoire ancienne. Très ancienne, du temps où les nomades savaient lire.
Voix in Voix off
Auteur : Intagrist El Ansari
Date de publication : 2026
Collection : prose francophone
Broché; 1 vol. (58 p.); illustrations en couleur; 21 x 15 cm
Près de 120 photos, tressées ensemble avec 5 lettres, poèmes, par superposition, surexposition, encadrement ou insertion de vignettes, montrent comment, depuis les premiers carnets de notes jusqu’au montage, l’écrivain-cinéaste El Ansari rature, réajuste, ressasse, jusqu’à pouvoir transmettre au fils sédentarisé l’image de son père disparu et les valeurs de tous ces superbes vieux Touaregs.
Que ton oeil ne s'arrache pour rien
Auteur : Abdelvetah Alamana
Date de publication : 2025
Collection : prose francophone
Broché; 1 vol. (42 p.); illustrations en noir et blanc; 15 x 18 cm
Discours de la méthode d’un écrivain qui se cherche, d’un jeune nomade affrontant la sédentarisation, ces récits de vie traversés par la littérature, par formation (ou déformation) familiale induisent une réflexion assumée comme boiteuse, incomplète, toujours à recommencer : comment devenir citadin, avec quels bagages de broussard, jusqu’à quel point honorer ou trahir le viatique de mes parents ?
L'entrée en ville
Auteur : Abdelvetah Alamana
Date de publication : 2025
Collection : prose francophone
Broché; 1 vol. (42 p.); illustrations en noir et blanc; 15 x 18 cm
Les terribles sécheresses ont poussé les populations nomades à se sédentariser. Abdelvetah Alamana lui aussi, devenu citadin, explore, entre fascination et désespoir, les folies de Nouakchott, sa ville adolescente, aux énergies chaotiques, aux rêves de futurs radieux et aux réalités difficiles ; sa ville si vulnérable, sa ville en pleine mutation, face aux catalyseurs annoncés de son évolution.
Bakary
Auteur : Bakary Isselmou ould Mahjoub
Date de publication : 2023
Collection : prose francophone
Broché; 1 vol. (32 p.); illustrations en noir et blanc; 15 x 18 cm
À travers la rencontre du clodo philosophe et du col blanc désemparé, tous deux immigrés, venant du même pays, ce conte philosophique explore l’identité, l’appartenance et la quête de sens. Avec une prose lyrique au service d'une narration habilement structurée, avec des dialogues percutants entre personnages forts, l’auteur dépeint luttes intérieures, désarrois et défis d’une génération
Le Lignage
La famille Heddar, cinq générations de poètes en Mauritanie
Auteur : Abdelvetah Alamana
Date de publication : 2016
Collection : Poésie bilingue (français/hassanya)
Broché; 1 vol. (152 p.); illustrations en couleur; 20 × 22 cm
Abdelvetah Ould Alamana, lettré et homme de lettres, libraire, chroniqueur, écrivain, éditeur a d’abord eu l’idée de ce recueil, puis s’est fait le guide de cet itinéraire, choisissant et traduisant une grande partie des textes. Mohamed Ould Mokhtar Ould Abidine Ould Heddar, arrière-petit-fils du fondateur, a poursuivi ce travail, puisant d’abord dans le Diwan de la famille Heddar, recueil de textes publié à compte d’auteur en hassanya, en 1999, dans sa mémoire prodigieuse ensuite. Les poèmes retenus sont en général exemplaires d’un type de comportement ou d’humour, ou présentent une difficulté technique, et pour l’une de ces raisons sont particulièrement célèbres encore aujourd’hui en pays maure. Chacun de ces textes a pour le public maure un charme particulier que nous avons cherché à transcrire.