Résonnances
LE LIGNAGE, Cinq générations de poètes en Mauritanie
Sidiya wul Mohamed wul Heddar amoureux d'une femme mariée, évoque ce mari qui ne sort jamais de chez lui, n’assiste à aucun événement social, et donc ne quitte jamais sa femme...
Sidya patienta trente ans avant de pouvoir épouser l’amour de sa vie, Fatma mint Hammad, enfin devenue veuve… et vieille.
Sidya devint ainsi le modèle absolu de l’amant courtois, qui flatte ici sa belle sans offenser le mari !
2 problèmes de traduction ont abouti à 2 versions : comment traduire d'une part le mot ga', répété plusieurs fois, marque d’oralité très fréquente en hassaniyya ? D'autre part, comment respecter le choix du nom verbal en hassaniyya ? Par l'infinitif, mode du verbe qui a en français les fonctions du nom ? Ou bien par un substantif dont le sens suggère une action ?
Version Le Lignage 2016
Ainsi donc, aller au puits, aller à Saint-Louis,
Au marché aux bestiaux, soigner vache et chameau,
Babacar n’en aurait que faire ? Eh ! non,
De tout cela Babacar n’a que faire.
Partir, allons donc, pas question.
Il y a là-bas une beauté, je le sais,
Qu’on ne saurait, pas même un seul instant, laisser.
Version Les Amours 2021
Eh quoi, la visite au puits,
eh quoi le voyage à Saint-Louis,
eh quoi le marché aux bestiaux,
le soin des chameaux et le soin des vaches,
Babacar ne s’occupe jamais de tout ça ?
Eh non, Babacar n’a pas la tête à ça.
Un départ, pensez-vous, il n’y songe pas du tout,.
Je l’ai compris, eh oui : il est une beauté là-bas
qu’on ne saurait, eh bien non,
pas même un seul instant, quitter.